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témoignage:anne 32ans

témoignage:anne 32ans
Je suis hôtesse navigante depuis sept ans et je me sens bien dans mon travail jusqu'à présent. J'aime mon métier mais c'est un métier où l'on doit prendre beaucoup sur soi. par exemple, pendant les vols longs courriers.

Si on est réveillé pendant notre temps de repos. Il faut vraiment se faire violence psychologiquement et physiquement ; à ce moment là, si on nous donnait notre feuille de démission, on la signerait. C'est une torture.

Sur un vol de huit heures on a une heure et demi de repos en couchette, sur un vol de douze heures c'est trois heures. Il faut se faire violence pour se lever.

Sur un 747 on est quinze. C'est un métier où il faut être toujours au top. On se donne à fond pour les passagers qui attendent un certain comportement.

Le plus dur ce sont les courts et moyens courriers. Il y a une fatigue qui s'installe. J'ai moi-même été victime de cette fatigue - j'ai fait une brutale chute de tension -.

On est continuellement sollicité car c'est une clientèle difficile - les costards-cravate -, les hommes d'affaires qui ne veulent pas être en retard alors que le propre de l'aviation actuellement c'est le retard. Les hôtesses n'y peuvent rien et nous sommes traitées de connes.

Il y a de plus en plus de comportements agressifs. En plus on n'a pas le temps de manger, bien souvent nous prenons notre repas assises sur un coin d'armoire en métal ou en une dizaine de minutes car les femmes de ménage sont là

Dès que l'avion, atterrit on débarque, le ménage arrive, si c'est l'heure de manger, on mange et hop on réembarque.

Une fois sur un AIRBUS 320, l'embarquement s'est fait alors que j'étais en train de manger, je tournais le dos aux passagers avec mon plateau dans les mains.

Une fois il ne s'est pas écoulé 12mn. Une autre fois, j'ai failli être tabassée par un passager en manque de tabac sur un vol long courrier. Deux passagers m'ont prêté main forte. Les vols non fumeurs ont suscité d'étranges comportements.

C'est un métier où on est continuellement en action. En fin de vol tout le monde est très énervé ; moi je m'en sors en faisant le clown.

Il faut l'humour et la gentillesse, l'esprit d'équipe, l'adaptabilité aux collègues puisqu'en fait, on ne vole jamais avec les mêmes personnes.

Généralement on s'entend très bien avec les autres filles ; avec les hommes il y assez souvent un glissement vers autre chose en raison de cette camaraderie instantanée obligatoire. Avant les anciens partaient pour trois semaines ensemble ; il s'en passait de « belles ».

Par contre, sans motivation pour ce métier il ne faut pas le faire.

J'ai le souvenir d'une jeune femme qui, à chaque fois qu'elle repassait dans l'office derrière le rideau disait : “ putain, font chier ces cons !!...” et cela, même si le passager lui avait demandé un simple verre d'eau. J'ai dû lui expliquer qu'il fallait qu'elle abandonne très vite ce métier.

Ce boulot c'est aimer la notion de service et faire plaisir aux autres. Christian Blanc disait que c'est un métier que tout le monde peut faire.

C'est totalement faux. Et notre hiérarchie l'a bien regretté car à un certain moment, la direction a fait un recrutement par l'ANPE, et ce, à la suite d'un arrangement avec le 93 et 95. Le deal était : nous prenons des jeunes chômeurs du 93 et du 95 en échange de la tranquillité avec les riverains par rapport à la création des deux dernières pistes de Roissy !! Ils ne sont pas restés longtemps.

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# Posté le mercredi 09 mai 2007 09:17

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